15.07.2008

Qu'y naisse

Qu'y naisse.jpg
 

23.04.2008

Des ans chantés

Des ans chantés 

 

Jours insensés !
Nuits immergées !
Lumières saccadées !
Ta montre m’a retardé !

  Semaines mises bout à bout
Falotes, pas même dignes du sou
Pantomime épitaphe du joug au cou
Ton parfum vénéneux m’a laissé saoul

Ardillon muet qui dilacère les émotions
Chimérique jachère refusant l’éclosion
Nouvelle aux embruns de salvation
Des mois aux allures de prison

Misérables mots… Niais !
Impuissants à chasser !
Ce feu présent passé !
Des ans chantés !

 

 

12.01.2008

Les flots de la faim

Nota: je parcourais ce matin quelques posts de mon ancien blog, tenu à Dakar en 2006. En relisant certaines de ces lignes, j'ai eu une étrange sensation. Je pense toujours chacun des mots écrits, mais les vis peut-être différemment, heureusement. Car c'est bien la preuve, que la conscience progresse. Ma vie à Brazza en 2007 y est sans doute pour quelque chose dans ma compréhension plus aiguê des racines profondes de l'arbre globalisé aux fruits empoisonnés.

 

Voici donc, pour lecture ou relecture "Les flots de la faim". Pour la petite histoire, ce texte a été écrit aux lendemains de la Marche contre la faim organisée par le PAM, et après une indescriptible "rencontre" sur l'océan... 

 

22/05/2006

Les flots de la faim

 

Ce matin là, la haute toile grisâtre et moutonnée d’éclaircies effilochée résistait encore aux assauts du soleil mal réveillé. 

Les reflets qu’offrait son miroir liquide et mouvementé sur lequel la pirogue se lança épousaient ses formes et couleurs : désordonnées et ombreuses.

 

Parfait fendeur de flots le bois de la proue transperce les eaux agitées et assure au reste de la structure le minimum de stabilité nécessaire pour chevaucher les remous iodés.

 

Après quelques minutes de sauts d’eau en air et d’air en eau, les ondes brisantes sont à présent derrière. 

La chaloupe n’a pas tremblé, aucune des stries de son bois n’a vrillé. La coque biseautée joue désormais à saute-vallon.

 

Ces montagnes mouvantes naissent et disparaissent. Elles vont et viennent, ici, devant, derrière, là et là-bas. La côte se dessine puis s’efface. Le rivage ressurgit, mais sitôt découvert, il s’évanouit à nouveau. Les arrêtes se font courbes, majestueuses et généreuses, pas moins fourbes pour autant. 

La pirogue grimpe à une vitesse saisissante, et replonge de plus belle. Les courants et les vents insufflent creux et lèvres. L’air est partout énergisant. Et à toute allure il dessine d’évanescentes dunes d’eau et propulse celles-ci à une célérité telle que le kérosène n’affiche aucune résistance. Les déferlantes hautement dépressionnaires sont trop rapides pour le bois ngorois.

 

L’horizon oscille en une suite désarythmètrée, ligne alambiquée vers laquelle la demie amande boisée pointe son nez et progresse entre cols et vallées. Seul objectif : prendre le large. 

Mais voilà, que là-bas, voici qu’au loin, venant de nulle part et trouant ce tableau secoué,  apparaît une chaloupée à la taille hypertrophiée. Plus grande, plus large, plus sombre. La pirogue la perd de vue, puis l’entraperçoit une nouvelle fois, le temps d’un instant seulement.

 

Rien n’est clair. Pas de brouillard, mais pourtant la circonspection est au rendez-vous. Toutes les embarcations à l’eau axent leur barre vers l’océan, pourtant au lointain ce vaisseau semble vouloir rejoindre la terre.  A bord, pas un pêcheur, ou deux. Pas même trois, ni quatre. En réalité : aucun pêcheur, et pourtant une centaine de silhouettes se laissait deviner aux yeux du biseau boisé.

 

Soudain, surgissant d’entre deux creux, à quelques mètres, une énorme embarcation s’impose.  

L’absconse et mystérieuse tache sombre, désormais proche, révèle sa nature. Ils sont presque cent effectivement. Des hommes essentiellement, quelques femmes au milieu des rangs, aucun enfant. Ce que la pirogue s’était laissée penser est avéré. La réalité est telle qu’elle était imaginée.

Spectaculaire scène aux indescriptibles émotions. Le bois frissonne de toutes parts. Ces regards échangés en transcendent toute l’armature. Face à elle, quelque cent hommes et femmes, entassés, les visages fermés, les yeux non éplorés, mais non moins attristés. Le désespoir se lit dans chacun de ces yeux à travers un rare et violent silence.

 

Ces compagnons d’aventure, sont devenus compagnons d’infortune. L’embarcation menée par un passeur qu’on confondrait presque avec un gondolier vénitien, est le recueil des illusions déçues. Le passeur leurs a probablement offert un ‘visa pour le rêve’ une fois les économies de chacune de leur vie encaissées.  

Malheureusement, après six jours de mer en route pour la ‘terre promise’, la croisière s’est interrompue. Plutôt que de tenter le diable, le gondolier transcontinental a préféré, rebrousser chemin, ne pas se risquer au funeste destin que connaissent régulièrement ces galères des temps modernes.

 

Alors les voilà de retour. La terre dont lentement ils se rapprochent n’est pas portugaise, espagnole, française ou italienne, c’est celle de l’Afrique, celle du Sénégal, celle de Dakar.  

Où vont-ils accoster ? Sans doute loin des complexes touristiques pour voyageurs fortunés. Dans quelle crique désertée ? La pirogue ne le sait pas. Ce que seul elle sait, lit, et ressent, c’est cette tragédie de vie qui s’exprime dans toute son intensité en cet instant atemporel, à travers, et en chacun de ces candidats à l’exil. 

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir... Le seul espoir qui les fait vivre, c’est de fuir. Fuir, là où ils sont nés, cette terre qui les a construits. Fuir ceux qu’ils aiment et dont leur cœur ne peut se passer. Fuir tout ce qu’ils sont, tout ce qu’ils ont. Rompre avec leur vie, contraints. Jouer avec leur vie, forcés. Payer de leur vie ce risque, prêts à. De vivre une ‘vie meilleure’, assoiffés.  Assoiffés de ne plus avoir soif, de ne plus avoir faim.

 

Cette faim, en verra-t-on un jour la fin ?  Cette faim inacceptable fera-t-elle partie de l’Histoire ?

 

Toutes les 5 secondes. 1,   2,   3,   4,   5 : Merde! Merde pourquoi ? Merde à ce monde qui n’a pas écouté ce frêle cri désespéré.  Toutes les 5 secondes.   Un enfant.   Quelque part.   Sur cette terre.   Meurt.  

Toi qui liras ces lignes, tu ne fais pas partie de ceux là, rassure toi. Non vraiment, très peu de chances pour que tu viennes inscrire ton nom à ces sinistres statistiques.

 

Notre société planétaire a les moyens de nourrir chacune de ces bouches affamées. 110 francs CFA, c’est ce que coûtent les 3 repas délivrés quotidiennement par le PAM –Programme Alimentaire Mondial. Moins de 2 centimes d’euro suffisent à rassasier un enfant décharné pour toute une journée. Mais 2 centimes d’euro, c’est bien trop cher. Acculés dans la misère, des enfants qui voient leur père fuir la faim au gré des flots incertains, n’ont plus assez de force pour pleurer.  

Aujourd'hui, plus de 17 000 enfants expireront.

 

Ces lignes ne sont pas un cri de révolte esseulé et passager. Ces mots ne changeront le monde en aucune façon. Peut être simplement auront-ils suscité une once de réaction en toi qui les lis. Quelque soit la nature de celle-ci, tant mieux.

 

 

Il n’y a de leçon à donner ni d’imprécation à décerner. Peut être simplement une invitation à s’engager...

 

 

19.12.2007

Sol l’ange

 

Sol l’ange

 

 

 

C’est comme la goute d’eau qui fait déborder le vase

De la rage de vivre et inonde jusqu’au fond des yeux

Des hibernants aux pinacles guindés et regard râpeux

C’est comme ta simplicité contagieuse nue d’emphase

 

 

C’est comme le grain subversif qui repousse la lame

De fond en combes marines aux rochers secs, acérés

D’un flux aseptisé d’iode naturelle, garni de déchets

C’est comme ton sourire fougueux ramoneur d’âmes

 

 

C’est comme le souffrant qui apostrophe la maladie

Du sang, des cellules du corps tout entier qui refuse

D’abdiquer face à l’infâme garce qui n’est qu’intruse

C’est comme ton envie de vivre ton jour, à tout prix

 

 

C’est comme l’infini mystère qu’Il sème sans compter

En l'abyme des cœurs, dans le ciel, sous l’eau, au Sol

Ange, quelle vie est la tienne depuis l’ineffable envol ?

C’est comme mon je t’aime qui nous reliera à jamais

   

 

06.12.2007

Introspection sociétale

Laisse moi chuchoter au creux de ton lobe que chaque jour est à choyer. Laisse en toi se lover l'irrévérencieuse idée que souvent l'opulence feint d'oublier la souffrance, mais que toujours la poussière révèle la chimère.

Oserai-je t'annoncer le truisme enterré que Mère Société s'essouffle à réifier à défaut d'annihiler: les facéties matérialistes dont tu te nourris ne sont que duperies infantilisantes pour terriens en quête d'identité et humains en mal de croissance effrénée.

Cette idée saugrenue, tu l'oubies à force de te conforter dans l'indolence, de te confiner dans l'exubérance, de te conformer dans l'insouciance. Par ailleurs, ce qui te gène t'es souvent inaudible, invisible. Aussi deviens-tu sourd de tempérance, aveugle d'altérité.

 Les atomes de coca sont le sel de ta vie. C'est la mode du beau et grand tout Paris. Honni soit celle ou celui qui n'y dit oui! Avoir, qui hier détrônait fièrement être, est aujourd'hui déposé comme un vulgaire sachet par paraître. Les grains blancs et le dernier vêtement t'adouberont à coup sûr sur le plus mirifique des présentoirs.

Je sais malgré tout, que péroxydé, délavé, désoxygéné, acculturé, inféodé, une once irréductible d'humanité brute sommeille en toi. N'attend pas l'amour robotisé pour la réveiller! Depuis trop longtemps intubé, si allègrement entubé, ne serait-il tout de même pas temps de débrancher l'air (ambiant) conditionnant ?

On s'est battu et la fleur de lys a vécu. On s'est insurgé et la haine organisée a ployé. Aujourd'hui, toi, tu fais quoi devant l'artifice avilissant ?

31.10.2007

Prêt à consommer

 

 

Prêt à consommer

 

Phagocytaire des produits estampillés "gaspis"

Mère Société m'a créé et si tendrement fidélisé

Prosélyte de la propriété, thuriféraire du pré carré

De l'arbre démiurge productiviste, je suis le fruit

 

Quand vient l'achat, je vis, j'ai, alors enfin, je suis

Des chiffres, par milliers, en moi tourbillonnent

Je consomme et je te consume, sans consonnes

Aucunes, "oui", je jouis lorsque je m'approprie

 

Crépite le ticket de caisse dans mes rêves la nuit

Et je renais chaque jour cupide d'une plus-value

Somptuaire ridiculisant tous les plus grands crus

Ravissant mon alter ego, radieuse carte de crédit

 

Du berceau aux cendres, ma vie sera frénésie

De possessions de précellence tant convoitées

Je ne veux être et exister que prêt à consommer

Sans avoir, mon moi resterait misérable hérésie

 

 

18.10.2007

A l'Homme citoyens !

 

 

A l'Homme citoyens !

 

 

Descendants amnésiques des Lumières

Prisant l'iniquité pseudo-libératrice

Façonneurs de coeurs de pierres

Dollar, unique foi salvatrice

 

Enfants du pays des faux alois

Errant de ponts en hôtels noircis

Subversifs quémandeurs des droits

Humains dont l'indifférence les spolie

 

Héritiers directs des peuples de la terre

Ballotant entre espérance et mirages

Parachutés ici par le jus monétaire

Parias intrus piqués par la rage

 

Hommes du village mondialisé

Vivant juste à côté de ce si lointain

Messagers de l'altérité et de la dignité

Citoyen, redécouvre en toi l'or de l'humain

 

 

 

30.09.2007

Sous-sols confisqués

Sous-sols confisqués

 

La pièce atrophie l'indépendance

Le billet accouche de l'ingérence

Le Cac 40 phagocyte la dignité

Le Sud est adoubé roi des benêts

 

Très ors noir ou doré du dessous

De l'eau et de la terre dépouillées

Route vers les Nordistes affamés

De bois, cobalt, pétrole et bijoux

 

Les courbes croissantes affolent

Les écrans des elfes gourmands

Dont les pantins meurtriers volent

Le destin de leurs propres enfants

 

Les insatiables pipelines aspirent

Les matières à fabriquer la misère

L'ascenseur descend pour la guerre

Jamais pour quelque équilibre rétablir

 

 

21.08.2007

Honni soit qui mal y pense

 

Concussion organisée dans les palais

Corruption aiguisée du Cap à la corne

Les vautours extracteurs du grenier

Bernent les vils potentats borgnes

 

Honni soit qui mal y pense

 

Opposition bâillonnée au canon

Urnes alourdies de tromperies

Populations à la muselée opinion

Gloire à la parodie de démocratie

 

Honni soit qui mal y pense

 

Les flibustiers d'en haut font fi

Des enfants d'en bas à l'agonie

Paris s'en met plein la panse

Le reste, guère d'importance

 

Honni soit qui mal y pense

 

 

19.06.2007

Demain sera hier

 

Demain sera hier

 

Irréversible course des aiguilles

Imperturbable et lourd balancier

Viennent les roses après les billes

Tournent les pages du calendrier

 

Un nouveau jour vient et déjà file

Un autre mois naît et sitôt disparaît

Deux ados s’étreignent dans le Nil

Deux octos craignent le jour d’après

 

Poussières de l’inexorable temps

Fourbe hier jamais plus tu ne seras

Aujourd’hui fidèle tu fus évanescent

Demain, toi aussi tu te transformeras

 

 

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