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19.06.2007

Demain sera hier

 

Demain sera hier

 

Irréversible course des aiguilles

Imperturbable et lourd balancier

Viennent les roses après les billes

Tournent les pages du calendrier

 

Un nouveau jour vient et déjà file

Un autre mois naît et sitôt disparaît

Deux ados s’étreignent dans le Nil

Deux octos craignent le jour d’après

 

Poussières de l’inexorable temps

Fourbe hier jamais plus tu ne seras

Aujourd’hui fidèle tu fus évanescent

Demain, toi aussi tu te transformeras

 

 

13.06.2007

Voices of the forest

Voices of the forest

From the rainforest some melodic voices
Rise to the sky by an endless sugary joy
The birds tell me it lasted from the ages
Peaceful harmony nothing here to annoy

Though the monkey beside confesses me
A fear in its veins seeing trees vanishing
Caterpillars gradually stole our majesty
A bottom-up faith in human self-thinking

Weirdly awoken at noon, a bat recognizes
Nights become unlivable, stars now grow
From the ground and burn even blind eyes
Wondering up to where human wanna go

Eventually, the animals of the whole forest
Gathered to beseech their rights of survival
Loggers by now thought to return to harvest
By staring voiceless that awesome spectacle

12.06.2007

Amour d’Arlequin

Amour d’Arlequin


Aveugles rabougris firent de vous et moi, de nous
Les humeurs capricieuses des résurgents mirages
D’amour dont les parfums m’esseulèrent en cage
Le glas de votre voix fut la feue flamme du grisou

Combien de pavés avons-nous battu fous éperdus
De l’hier et du demain, notre aujourd’hui oui riait
A nos baisers qui embrassaient l’espoir aux aguets
De notre réalité haletante mais presque déjà déchue

De vous à moi, vos émois et moi n’y crûment pas
La comédie me déplut mais votre rôle m’irradiait
Tant que j’adhérais à cette vie d’acérés couperets
Couper court le lien avec moi, persona non grata

Qui n’a souffert du vertige de l’odieuse escapade
Qui ne s’est vu libérer ses apoplexies lacrymales
Qui n’a tutoyé de ses lèvres la mélancolie apicale
Ne sait l’infinie inanité de l’amour fourbe et fade

06.06.2007

Naturellement vie



Comment et pourquoi ? D’où et par quel chemin ? L’envie vient sans visa ni sésame. Sage ou électrique, elle naît du néant. Chaque passage, chaque sentier, chaque route qu’elle empreinte est originale. Elle ne se justifie pas dans quelque explication, ne se noie pas dans de brumeux faux-fuyants. L’envie est claire et authentique. Pourtant l’envie reste insondable. En ceci, elle se fait sœur du cœur, de l’homme. Le cœur des humains que nous sommes. Celui-là, de ceux-là, de tous ces gens qui font ma vie.

L’envie traverse les âges et les paysages. Elle épouse le corps du manège dans le regard de l’enfant : elle est féérie. Elle se meut dans les courbes voluptueuses de la jeune femme aux yeux de son compagnon : elle se fait désir. Elle se transforme en la fraîcheur des cimes émeraudes d’ensoleillement à l’iris du berger : l’envie s’appelle liberté.

L’envie a de multiples visages. Chacun envisage sa vie. Pourtant, on est tous parfois un peu surpris par nos envies. L’envie s’invite en nous jusqu’au plus profond de nos gènes et parfois nous désarçonne. Envier une chose et son contraire reste finalement une étrange banalité…

Ne plus avoir envie de rien frôle l’effroi. Faire feu de tous bois pour vivre ses plus vives et viles envies vire dans le vertige des travers du vie à vice viscéralement vissé à nos corps d’envieuses vipères.

Pairs d’aujourd’hui que nous sommes, sommes bien loin de nos pères d’hier. Aïeuls de naguère, du temps jadis. Pas d’amertume nostalgique d’une époque inconnue. Juste l’acide constat d’une incoercible, mais somme toute prévisible mue…

L’amer c’est l’argent. La merde c’est son pouvoir assouvissant, avilissant, individualisant. Les serfs les plus écervelés du billet s’essoufflent à posséder l’immatériel qu’ils croient libéralisant. Aveuglés par l’halo, puissants comme indigents s’enserrent dans la spirale monétariste.

De la Terre, de ses éléments l’humanité est l’arbre multimillénaire. Or, le tronc de cet arbre qu’on croyait hier encore plus résistant qu’un roc semble avoir maille à partir avec ses branches. La naissance de l’humain participe de l’humain. L’humain participe à l’avilissement de l’humain. « De », « à », oui la différence est l’à.

L’eau vient à manquer parce qu’on a remplacé le bleu des torrents, affluents et océans par l’élixir esclavagiste dorée. Quand aujourd’hui les assoiffés meurent esseulés faute d’eau pour irriguer les tranchées de leur corps ténu et asséché, d’autres assoiffés s’entretuent à coup de dollars armés et canons fiduciaires.

Le feu immarcescible arbre ploie sous son propre poids. Celui de l’oubli de ses racines. Celui de la préférence du vent économique, qui un jour tournera, à celui des racines écolumanistes.

L’envie vient à voir en ses propres veines couler la pernicieuse concussion qui crépite dans le cortex des cobayes humanoïdes. L’envie vient à avoir un vis-à-vis amoureux avec sa moderne et inséparable comparse cupidité.

La quotidienne surenchère consumériste avorte la féérie de l’enfant, le désir de l’amoureux, la liberté du berger. L’arbre trop chargé sous les tornades du vent fiduciaires ploie. L’humain qui corrompt l’humain, torture la nature et écrit les dernières pages de l’histoire de l’humanité en mettant fin à sa propre destinée.

La cupidité impérialiste de notre contemporaine condition est notre plus grand danger. Prendre conscience ? Choisir de changer ? Agir ? Dans la durée ? Sans cesse et à jamais ?

Si l’on ne se détourne pas de la voie destructrice que nous avons empruntée à grands pas avec nos épais souliers monétaires, les grands sages qui osent encore nous marteler l’éhonté mirage que la planète respire toujours sans suffoquer, n’auront pas le temps de réaliser que les prédictions des affreux, mais réalistes, alarmistes d’aujourd’hui étaient pourtant bien vraies.

Saborder notre avenir au nom de notre égoïste et soit disant dû hédonisme exacerbé actuel, pour laisser un bateau prenant l’eau aux enfants de demain ? Quel événement inacceptable faudra-t-il une fois de plus attendre pour que l’on se décide à fondamentalement respecter la nature et notre propre condition ?

 

Envie d’humains bien en vie, j’ai fait mon choix, et choisi ma voie.

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