23.04.2008

Des ans chantés

Des ans chantés 

 

Jours insensés !
Nuits immergées !
Lumières saccadées !
Ta montre m’a retardé !

  Semaines mises bout à bout
Falotes, pas même dignes du sou
Pantomime épitaphe du joug au cou
Ton parfum vénéneux m’a laissé saoul

Ardillon muet qui dilacère les émotions
Chimérique jachère refusant l’éclosion
Nouvelle aux embruns de salvation
Des mois aux allures de prison

Misérables mots… Niais !
Impuissants à chasser !
Ce feu présent passé !
Des ans chantés !

 

 

14.03.2007

J'ai le luxe

J’ai le luxe

J’ai le luxe de toucher ce clavier

J’ai le luxe de poser des regards lettrés

J’ai le luxe de parler avec ou sans vrais sens

J’ai le luxe d’écrire un mot parce que je le pense

J’ai le luxe d’être là pour sentir la force de mon frère

J’ai le luxe de respirer la paix pour maudire les guerres

J’ai le luxe d’être révolté pour éviter d’hurler péremptoire

J’ai le luxe d’en plus de l’avoir, d’être si certain de le savoir

J’ai le luxe de connaître le rejet pour choisir de mieux le bannir

J’ai le luxe de transpirer la misère qui m’entoure pour plus la haïr

J’ai le luxe de manger avariés pour relaxer cellophanes sur-surgelés

J’ai le luxe d’être fréquemment délesté pour priser la chère électricité

J’ai le luxe d’être giflé de leçons de vie pour devenir cupide de caresses

J’ai le luxe d’abhorrer le jeune dos courbé pour jurer de couper ses laisses

J’ai le luxe de louvoyer dans le brouillard pour chercher comment apprendre

J’ai le luxe d’être instruit  et sain d’esprit pour refuser sa dignité de lui prendre

J’ai le luxe de vriller sous la bourrasque pour convoiter les quiète et douce bises

J’ai le luxe de toujours porter des habits moites, pour rêver d’une voluptueuse brise

J’ai le luxe d’entendre exploser l’orage au pied de mon lit pour trembler dans le noir

J’ai le luxe de voir des soirs scintiller la galaxie pour pouvoir en une telle féérie croire

J’ai le luxe d’être trempé de pluie jusqu’aux os pour préférer à la frêle tente la tôle du toit

J’ai le luxe d’éconduire tantôt princesse chaleur pour faire les yeux doux à son altesse froid

J’ai le luxe de travailler en faveur de la dignité pour gronder les mouvantes colonnes chiffrées

J’ai le luxe de connaître la vertu de l’eau rare pour même rouillée ne jamais oublier de la savourer

J’ai le luxe de vivre ces mots pour comprendre ce que seul leur vécu révèle

 

 

 

 

13.03.2007

Badineries épidermiques

 

 

Badineries épidermiques

 

 

Ecrire sur toi n’est que délire erratique

Je n’arrive à prendre congé de ta haine

Aliénée vive aux anathèmes obscènes

Infréquentable amie aux accès épiques

 

Dantesque brûlera ton rêve homérique

Florès ne fera le dessein anti-halogène

Que te soufflent les muses inhumaines

Usines à boniments fantasmagoriques

 

L’insolence sourde s’éteindra cynique

Si les phagocytaires avalent les édens

Et recrachent des ersatz bien en peine

Ainsi tombera l’eau céleste électrique

 

Rire de ta feue aversion hypodermique

Sans imprécations perfide ou malsaine

Ni prévarication honteusement vilaine

Est immodérément jouissance onirique

 

 

03.03.2007

Sciure de clopinettes

 

 

Sciure de clopinettes

 

 

La futaie hier encore était ton toit

Giboyeuse et généreuse à souhait

Mère nourricière, tu la préservais

Vaste et vierge trésor qui verdoie

 

L’écrin ligneux est devenu proie

Chassée par les dards goudronnés

Chétif tu ères et vois l’œil altéré

L’usurpation sylvestre s’en droit

 

L’us est coutume qu’on te raille

Prolixes brimades de ton maître

Soumission jusqu’au nanomètre

Trivial objet de toutes gouailles

 

Reclus forcé dans l’animal sérail

Dures affaires que le labeur abject

Pour deux fins bâtons de cigarette

Comme unique essence à entrailles

 

 

02.03.2007

Hallali d'inanité

 

 

 

Hallali d’inanité

 

 

Les arcanes dorés auront beau convoquer

Puissants et fossoyeurs d’humanité

Leurs ornières pourront vaciller

Leur frivolité sera prouvée

 

Faut-il s’appesantir ici

Là où justice resterait déni

Quand d’autres viles feraient fi

Du comparse avide de parcimonie

 

La vacuité d’idées ne vaut que mépris

Leur fourbe flot rend amère la lie

Du frêle travailleur avili

Il est temps : hallali !

 

On ne viendra les enfermer

L’augure leurs prédit la liberté

Pourtant leur cupidité nous a spoliés

Les layons qu’ils ont tracés seront ratissés